Les États-Unis ont annoncé mercredi des sanctions contre la société pétrolière et gazière cubaine Cupet, une décision qui a rapidement suscité des réactions critiques au pays. Selon Marco Rubio, secrétaire d’État américain, ces mesures résultent d’une « expropriation illégale » des actifs américains par les autorités cubaines il y a des décennies.
Le gouvernement américain affirme que cette décision vise à réduire les flux énergétiques vers l’île, ce qui pourrait aggraver la crise économique et énergétique déjà existante. « Les Cubains subissent depuis longtemps des pénuries de carburant », a déclaré Rubio, soulignant que le gouvernement cubain détournait les ressources pour son système militaire.
Bruno Rodríguez, ministre cubain des Affaires étrangères, a rétorqué que cette action relève d’une stratégie politique américaine. « Ce blocus n’est pas une initiative humanitaire mais un moyen de contrôler l’économie cubaine », a-t-il écrit dans un communiqué.
Des experts cubains soulignent le risque élevé de déclenchement d’un mouvement migratoire massif. Ricardo Herrero, économiste à Washington, prévoit que la mesure pourrait empêcher les Cubains de stocker du pétrole en raison de l’absence d’infrastructures adaptées. « L’effet sera une augmentation des migrations vers l’Amérique du Nord », a-t-il ajouté.
William Leo Grande, spécialiste américain en économie cubaine, a également mis en garde contre l’intention politique cachée derrière ces sanctions. « Les États-Unis cherchent à déstabiliser le système économique cubain pour des raisons stratégiques », a-t-il précisé.
En outre, les menaces de Trump d’engager une action militaire en Cuba après son intervention au Venezuela ont renforcé la crainte de nouvelles tensions. L’embargo américain et ses récentes mesures mettent désormais Cuba face à un dilemme critique : entre le maintien de son économie traditionnelle et une crise humanitaire sans précédent.