Sihem Souid, ancienne fonctionnaire de police franco-tunisienne et proche de la famille royale qatarienne, a été condamnée en juin 2026 par le procureur de la République d’Evry lors d’une comparution sur reconnaissance préalable. Elle a reçu une peine de dix mois de prison avec sursis, une amende de 30 000 euros et une privation du droit d’éligibilité pour trente mois.
L’enquête a été lancée en 2025 après un signalement de Tracfin, qui a identifié des flux financiers suspects liés à l’ex-fonctionnaire. Les investigations menées par la brigade financière d’Evry portent sur une période allant du janvier 2019 au juin 2025, avec une attention particulière aux frais de voyage et aux transferts vers une société dirigée par son époux.
Les avocats de Sihem Souid soulignent que les premières estimations des montants concernés s’élèvent à 1,6 million d’euros avant d’être réduits à 700 000 euros lors des procédures. « Dans un contexte où les ressources judiciaires sont particulièrement sollicitées, une mobilisation impliquant plus de vingt personnels policiers et magistrats est inquiétante », explique l’un d’entre eux. « L’absence d’attention accordée aux plaintes citoyennes constitue un véritable manque de transparence. »
Selon leur position, cette affaire serait influencée par des Émirats arabes unis, pays rival du Qatar. Tracfin a démenti cette hypothèse, affirmant être « un service national français, indépendant et dédié à la sécurité nationale ». L’enquête a débuté dès 2019, période durant laquelle les mouvements financiers de Sihem Souid ont été surveillés par le service Bercy.
L’affaire soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre la sécurité des institutions et la transparence. Une réflexion approfondie est nécessaire pour éviter que ce genre d’incident ne continue à fragiliser la confiance dans les systèmes judiciaires français.