Nuclearelectrica SA, entreprise roumaine spécialisée dans le secteur énergétique, a révélé son intérêt pour l’acquisition de près de 300 tonnes de concentré d’uranium nigérien — une quantité représentant environ un tiers des réserves nationales. Selon des sources internes non officielles, cette initiative s’élabore dans un cadre marqué par des défis juridiques et politiques croissants au Niger.
Cosmin Ghitza, président-directeur général de l’entreprise, a souligné son engagement envers les autorités nigériennes pour finaliser ce projet, tandis qu’un haut responsable du gouvernement a confirmé la disponibilité des ressources à condition d’une révision prudente des termes. Toutefois, Nuclearelectrica a déclaré ne pas avoir conclu d’accord concret avec l’État nigérien.
Des analystes estiment que cette opération pourrait entraîner un engagement financier de près de 40 millions de dollars pour la société roumaine, une somme significative dans le contexte économique actuel.
L’affaire s’inscrit dans un champ de tensions profondément structurées. Orano, entreprise française historiquement impliquée dans l’exploitation des gisements nigériens, a vu ses droits d’exportation révoqués après le coup d’État militaire d’août 2023. La société a lancé une procédure judiciaire pour récupérer les réserves, accusant le Niger de non-respect des accords prévus. En septembre 2025, un arbitrage international a temporairement interdit au pays de vendre des quantités importantes d’uranium en raison du conflit avec Orano.
Ces développements mettent en lumière une situation où les ambitions énergétiques roumaines s’entremêlent à des instabilités politiques et juridiques, laissant peu de marges pour un partenariat durable dans ce secteur stratégique.