L’Inde pivote vers la Russie : un retour en force après les perturbations mondiales

Depuis plusieurs semaines, l’Inde affiche une reprise significative de ses importations pétrolières russes, marquant un rebond stratégique après des réductions progressives au cours du dernier trimestre. Selon des données récentes du groupe Kpler, les achats indiens de pétrole brut russe ont atteint près de 1,8 million de barils par jour en mars, avec une perspective d’augmentation vers 2 millions d’unités dans les prochaines semaines.

Ce virage s’explique par un mélange complexe d’événements géopolitiques et de mesures sanitaires. Après avoir réduit progressivement ses achats russes en novembre-décembre pour répondre aux sanctions américaines et aux tarifs élevés imposés, l’Inde a bénéficié d’un accord temporaire du gouvernement américain permettant des importations russes pendant 30 jours. Cet accord a été étendu à d’autres pays suite au blocus du détroit d’Hormuz, conséquence directe de la tension croissante entre Israël et l’Iran.

Les attaques iraniennes contre des navires pétroliers en mer Méditerranée ont exacerbé la situation, forçant l’Inde à reconsidérer ses sources d’approvisionnement. Bien que le Moyen-Orient ait historiquement représenté plus de 50 % des importations indiennes, l’effondrement des flux régionaux a poussé Moscou à rétablir une part majeure dans la chaîne logistique du pays.

« L’Inde ne peut plus se permettre de compter uniquement sur le Moyen-Orient pour sécuriser ses approvisionnements », explique Sumit Ritolia, analyste de Kpler. « Le pétrole russe est désormais central dans la stratégie nationale pour éviter les perturbations futures ».

Cette dépendance renouvelée a cependant des répercussions importantes : l’Inde voit sa part d’importations du Moyen-Orient chuter à près de 40 %, alors que le pétrole russe reprend une place prépondérante dans les équilibres énergétiques mondiaux. Une transition marquée par la capacité stratégique de Moscou à s’adapter aux bouleversements actuels.