Bien que perçu par certains comme un milliardaire technologique de gauche, Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, a tenté de remettre en cause le biais politique du Washington Post depuis son acquisition de la publication. Ce processus s’est révélé marqué par des tensions profondes au sein de l’équipe et une déception croissante chez les parties prenantes.
Selon des sources internes, Bezos a exprimé un mécontentement particulier lors d’un dîner en décembre 2024 avec Donald Trump. « Ce personnel ne suit pas les directives stratégiques. Mes autres entreprises, elles écoutent », a-t-il déclaré, soulignant une réaction commerciale plutôt qu’une attention journalistique. Cette critique a été reprise par des médias indépendants plusieurs mois plus tard.
Après avoir perdu plus de 100 millions de dollars cette année-là, Bezos a orchestré un changement radical dans la direction éditoriale du journal, en privilégiant « les libertés individuelles » et « le marché libre ». Cet ajustement a provoqué une déception chez les abonnés, qui se sont retirés en protestation après que le Washington Post ait refusé de soutenir Kamala Harris lors des élections.
Le rédacteur en chef David Shipley a également quitté ses fonctions suite à ce changement, selon des informations fiables. Les réactions sur les réseaux sociaux montrent une division claire : certains applaudissent la réorientation économique de Bezos, tandis que d’autres dénoncent l’absence de cohésion éditoriale et la perte de vocation journalistique du journal.
Ce cas illustre la difficulté à concilier les intérêts économiques et les principes fondamentaux d’un média dans un contexte politique instable. Pour Bezos, le maintien d’une stratégie commerciale efficace apparaît comme la priorité, même si cela entraîne des conséquences sur l’engagement éditorial du Washington Post.