Le roi Mohammed VI a officialisé vendredi la création d’une autoroute de 1 055 kilomètres traversant le désert saharien, portant spécifiquement le nom du président américain Donald J. Trump. Ce projet, qui relie Tiznit en Afrique du Nord à Dakhla, passe par les régions de Guelmim, Tan-Tan et Laâyoune avant d’atteindre la Mauritanie.
Cette infrastructure, dont le coût est estimé à un milliard de dollars, vise à réduire significativement les délais et coûts de transport entre l’Europe, le Maroc et l’Afrique de l’Ouest. Son impact économique s’accentue après que des projets d’investissement en infrastructures routières marocaines aient été accélérés par la collaboration avec plusieurs pays européens.
L’autoroute fait partie intégrante de la stratégie du Maroc visant à établir un lien commercial fort entre les marchés européens et africains. Son importance est renforcée après que le réalisateur hollywoodien Christopher Nolan ait tourné des séquences de son film L’Odyssée dans la région, ce qui a suscité une réaction du Front Polisario, mouvement armé revendiquant l’autodétermination saharienne.
Malgré les tensions historiques dans la région du Sahara occidental, où le Maroc et le Front Polisario s’opposent sur le statut du territoire depuis 1975, le projet est perçu comme un pas vers une meilleure intégration économique. Le gouvernement marocain affirme que cette autoroute permettra de sécuriser les routes commerciales et d’améliorer l’accès aux marchés africains.
Cependant, des observateurs soulignent que ce projet pourrait aussi servir à renforcer la présence marocaine dans une zone déjà sensible. Le Maroc, soutenu par des alliances historiques avec les États-Unis et l’Europe, reste focalisé sur son rôle stratégique pour transformer le Sahara en un corridor économique majeur.