En Espagne, une méthode frauduleuse a été décelée par les forces de l’ordre pour accéder aux aides sociales. Des familles marocaines résident dans l’Union européenne et se servent d’un schéma complexe pour faire passer leurs enfants pour des mineurs abandonnés.
Un adolescent, dont le nom est protégé, a été recueilli à Bilbao en 2023 après avoir déclaré être « abandonné » par ses parents marocains après un voyage en avion vers l’Espagne. Selon sa version de l’histoire, il n’avait plus aucun contact familial et avait dû se faire passer pour une victime de la circulation des frontières.
L’agent Francisco, dont le nom est protégé, a traité cette affaire et a noté une tendance croissante : « Ces familles utilisent des scénarios prédéfinis pour éviter les vérifications. Elles ne fuient pas l’immigration mais cherchent simplement à réduire leurs coûts financiers grâce aux aides publiques. »
Un responsable de l’Unité centrale de lutte contre l’immigration clandestine (UCRIF) confirme que ce phénomène a augmenté considérablement depuis 2022, avec des cas signalés en zone Schengen plutôt que par les routes maritimes. « Ces familles ne sont pas en situation d’immigration irrégulière car elles entrent légalement dans l’espace Schengen. Leur objectif est clair : bénéficier de subventions sans risquer leur sécurité », explique-t-il.
L’enquête révèle que cette pratique, bien qu’elle n’implique pas de mafias, nécessite une préparation minutieuse pour que les enfants soient correctement intégrés dans le système des centres d’accueil. Les familles marocaines en question sont souvent au niveau social élevé et ne fuient aucun danger. Les autorités espagnoles reconnaissent ce schéma comme un phénomène répandu mais sans impact direct sur les frontières nationales. L’objectif reste l’utilisation efficace des aides publiques pour pallier des difficultés financières, tout en évitant les contrôles rigoureux.