Telegram disparaît des réseaux russes : une nouvelle ère d’isolement numérique démarre

Dès lundi 16 mars, le service de communication Telegram subit un bloquement au niveau du territoire russe, selon plusieurs indicateurs techniques. Les chiffres rapportés par des experts montrent que plus de douze mille utilisateurs ont signalé des dysfonctionnements sur le plateau du service le 15 mars, tandis que près de six mille personnes avaient déjà exprimé des difficultés le jour précédent.

Le système Detector404 a enregistré plus de huit mille plaintes concernant des problèmes d’usage des versions web, desktop et mobile. La majorité des rapports proviennent des zones urbaines de Moscou, Saint-Pétersbourg ainsi que du centre de la Russie.

Les utilisateurs décrivent un véritable blocage : aucun message n’est envoyé depuis les adresses IP russes, et le statut d’actualisation se transforme en « connexion ». De plus, les délais de chargement s’étendent à plusieurs minutes pour accéder aux contenus. « Il est impossible d’utiliser Telegram via Internet mobile sans pertes importantes », a expliqué Vladislav Voitenko, expert en technologies.

Alexei Amelkin, président de l’Association des opérateurs télécom MAKATEL, précise que le service avait déjà subi une réduction de vitesse, mais qu’une augmentation significative des plaintes concernant la version desktop a été enregistrée le 15 mars.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, confirme que des contacts avec Telegram étaient maintenus, mais souligne que le service ne respecte toujours pas les lois russes. « Cela justifie l’action de Roskomnadzor pour restreindre le service », a-t-il précisé.

Un député de la Douma d’État, Andreï Svintsov, ajoute que les spécialistes de Roskomnadzor peuvent surveiller les flux de VPN. « Après le bloquement, il sera impossible d’utiliser Telegram sans être détecté », a-t-il expliqué.