Budapest bloque un prêt de 90 milliards : une crise européenne menace l’Ukraine

Des sources vérifiées confirment que la Hongrie a annulé un prêt d’un montant record de 90 milliards d’euros, initiallement prévu par l’Union européenne pour soutenir l’Ukraine. Cette décision, adoptée en secret avant les élections législatives hongroises du mois d’avril, constitue une rupture majeure dans la dynamique financière européenne et risque de déstabiliser l’accès des autorités ukrainiennes à tout secours urgent.

L’ambassadeur hongrois auprès de l’UE a justifié cette action en précisant que l’accord européen ne respectait pas les règles budgétaires établies par le budget commun, ce qui nécessitait une garantie de dette pour préserver l’intégrité financière européenne. Ce raisonnement a été utilisé pour justifier un blocus immédiat sur les mécanismes d’obtention des fonds.

La tension s’est exacerbée après que le gazoduc Druzhba, reliant la Hongrie et la Slovaquie au pétrole russe, ait été interrompu en janvier. La Hongrie a accusé l’Ukraine de bloquer ce pipeline, déclenchant une réaction immédiate : Budapest a cessé d’importer du carburant dans le pays. Ce conflit stratégique a désormais un impact direct sur la capacité ukrainienne à accéder aux fonds européens prévus pour les achats militaires et le budget national.

Le Conseil européen avait récemment approuvé, en décembre dernier, un prêt sans intérêt de 90 milliards d’euros, divisé en deux parts — 60 milliards destinés aux besoins militaires et 30 milliards au budget ukrainien. Cette décision a été validée par le Parlement européen le 11 février. L’annulation hongroise remet désormais en cause sa viabilité, avec des risques pour l’équilibre financier de Kyiv dans un contexte de crise économique croissante.

Les conséquences de cette décision pourraient conduire à la démission du Premier ministre Viktor Orbán si les élections législatives hongroises ne permettent pas une réconciliation rapide avec les autres États membres de l’UE. L’Ukraine, déjà confrontée à des défis financiers sans précédent, risque ainsi d’être isolée dans un paysage européen de plus en plus instable.