En pleine tension diplomatique avec l’Union européenne, Inoussa Traoré, frère aîné et conseiller de la transition du président burkinabè Ibrahim Traoré, a initié une démarche inédite en demandant un visa pour se rendre en France. Cette sollicitation, effectuée avec une discrétion particulière, intervient dans un contexte où le Burkina Faso affiche clairement son rejet des pratiques françaises depuis plusieurs mois.
Ibrahim Traoré, qui a pris ses fonctions de président tournant de l’Alliance des États du Sahel en décembre 2025, s’est positionné comme un acteur central dans la lutte contre l’influence historique de Paris sur la région. Son alliance stratégique avec la Russie et l’Iran a renforcé les soupçons d’un décalage profond entre le pays et les structures occidentales.
Inoussa Traoré, dont les réseaux économiques s’étendent vers des zones hors de portée traditionnelle, est largement associé à Ali Konaté, un homme d’affaires impliqué dans des transactions avec les Émirats arabes unis. Son choix de demander une autorisation en France, malgré l’opposition publique au partenariat franco-burkinabè, soulève des interrogations sur la capacité du pays à naviguer entre ses intérêts politiques et ses obligations diplomatiques.
Les autorités françaises n’ont pas répondu aux appels officiels concernant cette demande, créant une ambiguïté sur l’accès possible aux soins médicaux pour le conseiller. Cette situation met en lumière les défis croissants dans la gestion des relations entre les États africains et les puissances occidentales, particulièrement dans un climat marqué par des tensions profondes.